L’artotheque de Mons : un exemple réussi de rénovation du patrimoine en béton

06.05.2015
 

Nivelles, le 29 avril 2015 – Inaugurée le 2 avril dernier en présence des autorités de la ville, de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Artothèque est l’un des fleurons des nombreuses rénovations réalisées dans le cadre de Mons 2015. Retour sur cette splendide rénovation de 2.000 m2 et les principes d’une artothèque.

 

Vidéo

Rénovation en béton de l'Artothèque dans le cadre de Mons 2015

 

Le projet

La toute nouvelle Artothèque de Mons est située dans l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines. Exemple remarquable d’architecture classique datant du début du 18ème siècle classé au patrimoine, la chapelle a fait l’objet d’une rénovation minutieuse durant deux ans. En effet, à moitié détruite durant la seconde guerre mondiale, elle fut d’abord rachetée par un marchand de meubles qui la divisa en 6 niveaux avant que la ville de Mons ne décide de la rénover pour y stocker les collections communales. A ce moment, le bâtiment était proche du délabrement total.

 

Les spécificités du projet

« L’idée de départ, nous explique Catherine Dohmen, architecte du bureau l’Escaut, était de conserver les dalles en béton existantes. Mais cela n’a pas été possible pour diverses raisons. Cette nouvelle donne nous a par contre permis de repartir d’une feuille vierge . »

Une fois la chapelle mise à nu, les architectes ont décidé de placer une structure métallique monumentale permettant de détacher la nouvelle intervention de l’ancienne enveloppe laissée apparente. Les proportions d’origine de la chapelle ainsi que la sensation de hauteur ont ainsi pu être conservées.

« Cette structure étant oblique, continue Catherine Dohmen, elle a permis de gagner des mètres carrés, chaque étage étant légèrement plus grand que le précédent. »

La structure métallique a également permis de dégager une « faille » verticale qui vient éclairer l’espace entre l’ancien mur et la nouvelle intervention. C’est également à cet endroit qu’a été installé un escalier très léger qui révèle au visiteur la structure du bâtiment abîmée par l’ancrage des anciens planchers.

 

Les défis du projet – les bétons livrés

Situé en plein centre-ville, le projet a fait l’objet des difficultés d’accès que l’on imagine aisément.

En outre, le béton utilisé pour réaliser les dalles des différents étages a dû être livré via une pompe introduite au travers des croisillons des vitraux qui ne pouvaient pas être démontés.

Des mesures particulières ont dû être prises à ce niveau afin d’éviter tout incident aussi bien pour le chauffeur de la pompe que pour les ouvriers sur chantier.

Outre l’accessibilité du béton sur le chantier, l’un des défis majeurs du béton utilisé en rénovation est son poids qui n’est pas toujours compatible avec les structures portantes existantes.

Dans ce cas de figure, étant donné que l’entièreté des dalles a dû être reconstruite, l’entrepreneur a décidé de travailler avec des planchers métalliques collaborants sur lesquels ont ensuite été coulées les dalles de béton. Ces planchers métalliques légers jouent dans ce cas le rôle de coffrage perdu.

530 m3 de béton C30/37 dmax16 ont été livrés pour ce chantier.


 

Le principe de l’artothèque 

Le visiteur est amené à découvrir les coulisses d’un musée et ses métiers cachés en suivant le parcours d’une œuvre d’art : de son arrivée à son exposition en passant par l’encodage, la restauration éventuelle, le stockage.

L’Artothèque de Mons est également un centre de recherche et d’étude du patrimoine.

Outre la nef latérale, 2 étages sont accessibles au public, le reste étant dédié au stockage, à la restauration et le dernier étage aux bureaux.


Du matériel digital interactif permet au visiteur de visualiser la/les pièce(s) qu’il recherche, d’avoir une série d’informations sur l’objet et de voir où il se trouve physiquement dans le bâtiment. Des armoires à tiroirs, étagères et murs de stockage présentent les différentes façons de stocker les œuvres.


En mettant le visiteur en situation, cette approche fait en sorte que le visiteur se réapproprie le patrimoine de la ville de Mons. Ce qui est précisément la vocation du musée.


Le budget total des travaux est de 10,8 millions d’euros.

   


Les partenaires

Maître d’ouvrage : la Ville de Mons

Entrepreneur : Lixon

Architecte : Association momentanée entre les bureaux l’Escaut et Gigogne

Centrale à béton Holcim de Ghlin

 

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Holcim Belgique, partenaire de Mons 2015

Comme l’a rappelé Elio Di Rupo dans son discours inaugural, Mons se transforme depuis plus de 10 ans en vue d’assumer pleinement son rôle de capitale européenne de la culture en 2015. Son patrimoine (collégiale Sainte Waudru, hôtel de ville …) a ainsi fait l’objet d’une rénovation en profondeur et de nouveaux lieux ont vu le jour (ex. le centre de congrès).

Présent à Mons depuis plus de 100 ans, Holcim ne pouvait rester insensible à ce projet de renouveau et de modernité. Ayant livré du béton pour la rénovation de l’Artothèque et de l’Arsonic, Holcim a décidé, il y a plus de 2 ans, de sponsoriser le pôle muséal.

Avec 5 nouveaux musées et une salle de concert, l’événement est suffisamment exceptionnel en soi :

  •  l’Artothèque : un centre de restauration et de stockage du patrimoine montois hébergé dans l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines
  • le Silex’s : des minières néolithiques de silex situées à Spiennes (nouveau bâtiment)
  • le Mons Memorial Museum : le rôle de la ville de Mons dans les 2 guerres mondiales expliqué sur le site de l’ancienne Machine-à- eau.
  • le Musée du Doudou : la ducasse de Mons racontée sur le site de l’ancien Mont-de-piété rénové
  • le Beffroi : seul beffroi baroque de Belgique, ce bâtiment est le symbole de la ville.
  • et enfin l’Arsonic, un lieu dédié à la musique et ouvert à tous les Montois

En créant des ponts entre culture et économie, Mons 2015 redynamise une région trop souvent décriée. Holcim est fier de pouvoir prendre part à ce projet.